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L’insertion professionnelle des personnes avec autisme en Algérie, que dit la loi.

Publié le : 04 Avr 2022

L’insertion professionnelle des personnes handicapées, notamment celles avec autisme, est un droit et une obligation nationale. Elle constitue un enjeu essentiel des politiques sociales et un objectif prioritaire pour l’accompagnement et le soutien des publics en situation de handicap.

Dfep 32

Le rôle des secteurs impliqués sur la question de l’insertion professionnelle des personnes handicapées est de faciliter leur accès à l’emploi en milieu ordinaire ou adapté, et de les accompagner dans leur parcours professionnel, notamment dans les moments difficiles qu’elles traversent.

L’insertion professionnelle dans le milieu ordinaire

La loi 02-09 du 8 mai 2002 (www.joradp.dz) (JO n°34 du 14 mai 2002) reconnait le droit au travail aux personnes handicapées. Le législateur algérien définit dans les articles 25 à 29 les principes qui régissent l’emploi des personnes handicapées dans les secteurs public et privé. Il aborde également les avantages octroyés à ceux qui emploient cette catégorie de personnes.

Cette loi établit pour la première fois un système de quota pour l’emploi des personnes handicapées dans le milieu ordinaire. À ce propos, l’article 27 dans son alinéa 1 prévoit que « tout employeur doit consacrer au moins 1% des postes de travail aux personnes handicapées dont la qualité de travailleur est reconnue ». En cas d’impossibilité de recruter directement une personne handicapée, des mesures de substitution existent (art. 27, alinéa 2 de la loi). L’employeur est tenu de s’acquitter d’une contribution financière, versée au fonds spécial de financement de l’activité de protection et de promotion des personnes handicapées.

Pour encourager les employeurs à recruter des personnes handicapées, le législateur a prévu deux mesures incitatives en leur faveur (article 28) :

L’insertion professionnelle dans le milieu adapté

Certaines personnes handicapées ne peuvent pas exercer leur activité professionnelle dans le milieu ordinaire. Elles peuvent cependant être orientées vers des établissements d’aide par le travail. Ces établissements sont classés selon deux catégories :

1. Établissement de travail protégé : ateliers assurant un travail protégé et une insertion social, et la promotion professionnelle des travailleurs avec handicap pour éviter leur stigmatisation. Ils permettent l’exercice d’une activité professionnelle salariée dans des conditions adaptées à leurs possibilités.

Les travailleurs handicapés concernés par les établissements de travail protégé  sont ceux qui ne sont pas aptes à exercer une activité professionnelle en milieu ordinaire, mais peuvent disposer d’une capacité de travail effective.

L’atelier protégé emploie 80% au moins de ses travailleurs parmi les personnes handicapées. Toutefois, et en fonction des nécessités de la production, il peut recruter des salariés valides dans la limite de 20% de son effectif.

2. La ferme pédagogique : c’est un établissement de travail protégé chargé d’accueillir des personnes handicapées‚ âgées de plus de 18 ans, qui n’ont pas acquis une autonomie suffisante pour exercer une activité dans les centres d’aide par le travail et qui nécessitent un suivi médico-social et éducatif. Elle permet aussi : 

Les dispositions juridiques en faveur de l’emploi des personnes handicapées ont contribué à l’émergence d’une prise de conscience collective des problématiques auxquelles elles doivent faire face. Elles ont cessé d’être reconnues uniquement comme des sujets assistés pour accéder à un rôle d’acteur, que ce soit dans le monde du travail ou dans la vie sociale en générale. Aujourd’hui, la politique d’aide sociale dépasse le simple cadre marqué par l’assistance. Elle est désormais participative et vise à améliorer et à protéger les droits des personnes handicapées. Les différents secteurs du handicap associent ainsi leurs efforts pour rendre effective l’insertion professionnelle des personnes handicapées et garantir leur autonomie.